L'express 11 12 2006

Publié le par Collectif contre la statue de JP2 à Ploermel

Polémique

Ploërmel: Jean-Paul II a sa statue Marie Simon

Le maire de la petite ville bretonne de Ploërmel a dévoilé dimanche en grande pompe sa statue monumentale controversée de Jean-Paul II. Une "brigade" de clowns est venue créer un petit "happening" contre cette inauguration placée sous haute surveillance

rès Saint Père, protège la Bretagne qui t'aime, protège Ploërmel, le pays de Ploërmel et ses habitants (...)". Paul Anselin, le maire UMP de la petite ville bretonne de Ploërmel a choisi de terminer religieusement l'inauguration de la statue controversée de Jean-Paul II dans sa commune, dimanche matin. Après la messe, il a rendu hommage à l'ancien pape, un "géant de l'histoire" et a dévoilé la statue de près de 4 mètres surplombée par une énorme arche et une croix culminant à 8 mètres de haut. Au pied du monument, une phrase célèbre de Jean-Paul II: "N'ayez pas peur".

Depuis le début de matinée, les badauds ont afflué autour de la place Jean-Paul II et se sont installés derrière les barrières de sécurité, au son du biniou. Accès barré et gardé par des motards de la gendarmerie, le monument offert par le sculpteur russe Zurab Tsereteli est ultra surveillé. "Ce cadeau a été fait à la commune en raison de l'amitié que cet artiste me porte. C'est aussi un cadeau de la Russie à la France qui a eu l'accord de Vladimir Poutine", a assuré quelque temps avant l'inauguration le maire de la commune.

Une "brigade" de clowns
Une "brigade" de clowns d'une douzaine de personnes est néanmoins parvenu à manifester pendant une petite demi-heure un peu en marge de la foule estimée à un millier de personnes par la police. "Dieu vous surveille", ont-ils mis en garde sur leurs pancartes, tout en chantant. "Vive le polonium du peuple", crient-ils en allusion à l'actualité et à la personnalité controversée du sculpteur russe, très proche du pouvoir moscovite et présent à la cérémonie.

Ce petit "happening" de la "brigade des activistes des clowns" a délié quelques langues dans l'assistance: "Vous préféreriez une statue de Staline? Au moins Jean-Paul II n'a pas de sang sur les mains!", ont lancé un homme. "Et les Africains qui ont suivi ses conseils de ne pas mettre de capote ?", lui répond une femme très remontée, mais bien isolée.

130 000 euros... d'argent public
Des invités de marque ont fait le déplacement: l'évêque de Vannes, Mgr Raymond Centène, l'ancien ministre des Affaires étrangères Hervé de Charrette, l'ambassadeur de Pologne ou l'ambasseur du Khirghisztan en France. Pourtant annoncés, le Nonce apostolique et l'ambassadeur de Russie ne sont pas venus. Pas plus que Nicolas Sarkozy ou Bernadette Chirac.

Absent volontairement de la cérémonie, le collectif d'opposants qui avait réuni en novembre 500 manifestants contre la statue ne désarme pas. "Trop c'est trop. Dans cette affaire, il y a plusieurs infractions caractérisées. Non seulement, la loi interdit l'édification d'emblèmes religieux dans l'espace public mais aussi leur financement par des fonds publics", a expliqué Gilles Kerouedan, porte-parole du collectif. Au total, depuis septembre 2005, la majorité municipale aurait débloqué 130 000 euros de budget prévisionnel pour financer la statue et la cérémonie.

 

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